Coïcidence des dates, le même soir j'ai assisté à deux défilés de mode, l'un organisé par Gouri, ma logeuse et l'autre subventionné par le Consul pour un jeune styliste Indien. Le premier se tenait dans le hall d'un haut lieu de la culture de Kolkata. En attendant le début du défilé, mon voisin un écrivain me parle de prix Nobel Français de littérature. Souvenirs dilués de mes lectures d'enfance, je réponds hésitant. Et vous savez qui refusa le prix Nobel ? "Partré" ? Ah oui Sartre. Heureusement, Gouri arrive, magnifique, éclatante d'or. Son défilé présente les plus beaux sarees depuis l'origine à aujourd'hui dans une allégorie de films muets. Les mannequins avancent lentement, prennent des poses de la vie quotidienne... que j'imagine de princesses. Je ne retiens qu'avec difficulté un fou rire lorsque un mannequin prend la pose devant moi. Confus je vois une larme perler que j'attribue au conflit intérieur des traditions.
Je quitte le monde sirupeux de Barbara Cartland pour l'univers trash de John Galliano. Il se tient autour de la piscine d'un hôtel au luxe occidental. Le concept du soir est de faire défiler des mannequins pro en tenue occidentale et des femmes d'expat en saree. Musique hip-hop, lumière tamisée, cocktail en main nous écoutons le discours du Consul, décallé avec son étiquette. Les mannequins arrivent dans un déhanché très Dior. C'est beau, c'est ce que je connais mais il manque ce clin d'oeil. Il nous est donné par les femmes des expats qui s'amusent à prendre la Dior attitude. Ce soir, c'est le saree qui allait aux femmes. Autre temps, autre lieu, autre beauté.
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