dimanche 13 décembre 2009

En attendant le tigre











Voir le (dernier) tigre du Bangale. Se transformer en Indiana Jones le temps d'un week-end pour aller retrouver sa tanière dans les Sunderbans. Située dans le delta du Gange, son repère se compose d'une multitude d'îles entièrement sauvages où il est assez facile de se perdre dans le labyrinthe des méandres. Mais voilà, c'était sans compter sur la marée et une organisation ciblant davantage la famille que l'aventurier aguerri. Notre bateau se situait à mi chemin entre l'"African Queen" pour le bruit du moteur et la "Croisière sur le Nil" pour le confort. Nous arrivions sur site aux horaires d'une marée haute recouvrant en partie les îles. Très vite nous avons compris en voyant l'eau partout que les animaux devaient se reposer... au centre de l'île et attendre que l'eau se retire pour venir manger. Paysage magnifique et d'un calme inattendu. Pour se "consoler", nous avons eu le soir à la veillée des histoires vraies et terribles racontées par nos guides, tous natifs du cru. Il arrive que le tigre passe le filet de protection et nage jusqu'à une île habitée attiré par l'odeur du bétail. Il est arrivé cette année que le typhon détruise les digues entourant les villages situés sous le niveau de la mer. Paysage magnifique au calme trompeur.

Kali et ses têtes











L'automne est la saison des Déesses. Celle-ci est couleur noire de la destruction, entourée de têtes coupées. Elle sait distinguer les mauvaises têtes des bonnes têtes pour faire place nette aux idées nouvelles. Bien que nous aillons fait notre offrande à Kali le jour de son anniversaire, quand le soir même une tête toute noire est venue nous demander de monter sur scène, nous nous sommes exécutés de peur de perdre la notre. Nous avons dansé le renouveau sur un rythme d'anciens esclaves Africains arrivés en Inde 700 ans plus tôt. Only in India !

Le puja de Durga
















Les Bangalis vénèrent la Déesse Durga qui, avec ses multiples bras et des yeux immenses, a sauvé un prince du Démon. Il y aurait-il un sens caché ? Quoi qu'il en soit, l'image de l'homme virile en prend un coup. L'homme marié est fier d'arborer un ventre rond, signe d'harmonie. Ce puja ou culte hindou symbolise la visite durant 5 jours de la femme mariée chez son père, venue lui apporter des offrandes. Les maisons s'illuminent, des palais se montent en quelques jours, les prêtres bénissent au rythme des tambours : kitch en abondance mais réelle dévotion.

samedi 15 août 2009

National Day




Le "pays aux couleurs" n'en garde plus que trois pour son National Day. Des voitures aux rickshaws, des enfants aux écoles, des administrations aux commerces, tout le monde arbore les trois couleurs. A mon école voisine, les couleurs sont issées dans un cérémonial martial, vécu par les élèves avec une décontraction toute indienne. Dans un tempo parfait, la pluie a clôturé la cérémonie.

Le soir je me suis rendu à une foire de poterie du Bengale. Ici, l'éléphant Ganesh est partout car il supprime les obstacles. Je peux l'affirmer, le sens de l'esthétique est très lié à la culture... et ne se partage pas toujours.

Cherchant désespérément quelque chose à mon goût, j'entends de la musique. Le Lion's Club finance un spectacle fait par de nombreuses écoles de Kolkata. Me voici dans une salle aux côtés des parents regardant leurs enfants sur scène. Les plus indisciplinés furent les parents. Beaucoup de tradition mais aussi d'imagination, sans oublier l'hymne national, lancé par 5 adolescentes espiègles sur une musique hip-hop puis chanté debout par toute la salle. Et puis est arrivé un petit bout de chou de 4 ans qui a fait son show puis a fait rire la salle en Bengali et en English pendant près de 20 minutes : Incredible India !


dimanche 9 août 2009

Au bout du chemin







Dans une ville où la dépense de chaque roupie est validée par plusieurs niveaux et où l'approvisionnement peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines, l'angoisse est que çà tombe en panne. Ainsi, quand j'ai demandé au client pourquoi redonder la salle de contrôle, le matin même c'est un central téléphonique qui a brûlé privant de téléphone un quart de la ville durant plusieurs semaines.
Cette incertitude de tous les instants ne prive pas ses habitants d'envie. Au bout du chemin, on trouve du vert (nos futurs bureaux), du sens de l'humour, un goût très raffiné.

L'énergie politique











Mes collègues me le disent tous les jours : Kolkata, n'est pas une ville comme les autres. En quelques jours de distance, j'ai pu en avoir un aperçu. Imaginez une ville de 13 millions d'habitants sans aucune personne dans les rues un jour de semaine. Un différent entre deux parties conduit le partie lésé à occuper les principaux carrefours. Personne ne prend le risque de forcer des piquets de grève qui ont brûlé la veille quelques bus. Trois ou quatre jours après, l'élue locale devenue ministre vient à l'occasion d'une commémo faire un speech et c'est une bonne partie du Bengale qui vient l'écouter. Je découvre alors le vrai sens du mot "transport en commun". Enfin, récemment, le ministre local du transport est mort dans un hôpital situé juste à côté du boulot. Très aimé pour son parcours exemplaire et ses réalisations en faveur du peuple, ce sont des centaines de personnes qui sont venues le pleurer malgré la mousson.

samedi 8 août 2009

Emménagement - Déménagement











Voilà c'est fait ! Me voici comme un nabab dans mon palais. Accueil chaleureux de la propriétaire qui me demande de faire preuve d'une grande exigence auprès du personnel. D'ailleurs, il va falloir que je m'y habitue : le premier matin, j'ai été réveillé par mon cook qui attendait mon réveil en regardant la télé + il rentre et sort tout au long de la journée pour ses diverses tâches. Mon premier achat de circonstance a été un peignoir.
Parmi les occupations de la propio, elle organise des shows. Difficile d'imaginer que cette ville ait des théâtres. En revanche, c'est un lieu qui développe l'imagination et qui crée des Nobels de littérature.
La fausse note est venue du regard qui tue d'une mère corbeau qui prenait mes étirements du matin pour une agression sur sa progéniture à portée de main du balcon. Les films d'Hitchcock, çà réveille d'un coup. Depuis, les petits ont quitté leur nid, le calme est revenu.

dimanche 7 juin 2009

La tradition ne fait plus recette











Les anges et autres allégories ont du mal à se vendre, place aux jeans, aux couleurs Bollywood. Beaucoup en rêve, très peu sautent le pas. Faut dire, tout le monde se surveille.

samedi 6 juin 2009

Vue de l'intérieur











Les premières différences qu'on remarque, ce sont les grilles aux fenêtres. La notion de propriété est connue par un tout petit nombre. Ensuite, c'est le marbre omniprésent. Il y a tellement de coupure de courant, que personne ne fait confiance au frigo. Puis arrive aux narines les odeurs d'épices et d'encens, les premiers pour assainir les aliments et les seconds pour faire fuir les moustiques. Enfin, une décoration inspirée des catalogues de la MAIF des années 60 : formes, couleurs pastelles, tout y est jusqu'aux anges exposés dans les vitrines. Le tout entretenu par un housekeeper - cooker compris dans le prix de la location. Emménagement dans quelques jours.

dimanche 31 mai 2009

Une leçon de vie










Semaines arrassantes, de jour comme de nuit. Et puis aujourd'hui, je tombe en arrêt sur cette phrase. Elle m'a rappellé un CEO à Séoul dont j'enviais la bonne mine et son bureau toujours rangé. Un sens de la vie, courant par ici, m'est apparu limpide : rien ne sert de courir, il faut golfer à point et une fois arrivé au 18e trou, le nirvana est dans observer les autres.

Je ne sais pas encore si je vais la faire mienne. En attendant, je m'inscris à une nouvelle leçon de golf.

dimanche 10 mai 2009

Hoogly, suspend ton vol
















L'un des rares endroits de quiétude dans Kolkata reste le fleuve Hoogly. Ces amoureux du silence viennent s'isoler, pêcher ou se baigner. Là, même le temps semble s'être arrêté. D'ailleurs, tout est prévu pour larguer un jour les amares.

Du divin en toute chose











Il n'est pas un endroit sans son autel, sa divinité à honorer par des offrandes. Plus qu'une croyance, c'est un signe d'appartenance à une communauté, de respect dans les traditions. En revanche, les divinités des jeunes générations sont assez proches des notres.

Au service de...











Je redécouvre des métiers disparus, comme l'écrivain public, le barbier, le portier. Certains, je n'y aurais pas pensé, comme un médecin en blouse blanche qui osculte dehors. Il est vrai que ces notions de dehors ou dedans n'ont pas ici le même sens.

La concentration




Vivre et travailler dans une ville de 13 millions d'habitants oblige à apprendre à partager l'espace. Dans une file d'attente, qu'il y ait ou non du monde, nous sommes tous au contact l'un de l'autre. Le travail se vit de la même façon. Pour les Européens, une période d'acclimation est recommandée.

dimanche 26 avril 2009

Le futur ne recule jamais







Voutch a raison ! Sauf peut-être pour ce lézard venu tout droit de la préhistoire.